Thomas Bohier

La famille Bohier est ancrée dans le territoire Auvergnat. Austremoine Bohier est le fils d’un commerçant d’Issoire. Il fut l’un des plus riches marchands de la ville et deviendra le Secrétaire du Roi Charles VII, installant sa famille à Tours. Il épouse en 1465, Béraude du Prat, dont le neveu sera le premier président du Parlement de Paris avant de devenir Cardinal.

 

Thomas Bohier, l’histoire d’une ascension

Le 24 mars de l’an de grâce 1460 naquit Thomas Bohier

L’accession à une place importante dans l’entourage du Roi relève de l’obtention d’un office car le mérite n’est pas reconnu à cette époque et ainsi pour accéder à un office, qu’il soit civil ou religieux, l’on doit être entouré d’un protecteur ayant un réseau important. Cependant, si le Seigneur Austremoine est un homme reconnu à Issoire et malgré sa fonction de Secrétaire du Roi, il n’a pas l’influence nécessaire pour attirer son fils dans les hautes sphères.

Alors encore jeune, il épouse Madeleine Bayard dont le père fut receveur général des finances du Languedoc. La famille de son épouse liée au Duc de Bourbon, gendre de Louis XI, peut expliquer une partie de son ascension. 

Thomas Bohier est dans la chambre de Louis XI, au Château de Plessis-Lès-Tours, comme valet de chambre du Roi, lorsque le Roi agonise le 28 août 1483. Il fut valet à partir de juillet 1482 et porteur de nombreuses missives montrant l’important de ce jeune homme et la confiance qu’on lui prête.

Il faut attendre 1489 pour qu’il atteigne les sommets. En effet, le 20 mai 1489, il est admis au collège des notaires et secrétaire du Roi, grâce au réseau de son beau-père. Dès lors les offices et les gratifications se font nombreuses : trésorier des Menus Plaisirs du Roi (1490), trésorier et receveur général de Bretagne (1491), greffier criminel au Parlement de Toulouse (1492), maître extraordinaire de la Chambre des Comptes (1493) et enfin « Secrétaire en finances », tout en conservant sa charge de valet du Roi.

 

Mariage Thomas Bohier avec Catherine Briçonnet

La famille Briçonnet est une illustre famille de Touraine dont le destin offrira nombre d’hommes politiques et ecclésiastiques. Sous le règne de Louis XI, Tours va être doté d’un corps de ville dont Jean Briçonnet sera le premier élu Maire de Tours. Jean Briçonnet est notamment connu pour avoir été chargé de la liquidation des bien de Jacques Cœur.

Parallèlement ou conjointement avec son ascension, Thomas Bohier épouse Catherine Briçonnet dans les années 1491. Son père, Guillaume Briçonnet, qui sera plus tard élevé à la dignité de Cardinal, est le surintendant des finances, bien que la charge n’existât pas encore. En tant que Secrétaire en finances, Thomas Bohier travaille avec son beau-père et à la charge contresigner tous les documents impliquant un mouvement financier venant du Roi, ce qui va rapidement le faire s’élever en influence. 

Le travail acharné qui fut le sien le fait remarquer et, en 1494, il accède à la charge de général des finances de Normandie qu’il conservera jusqu’à son décès.

On le verra également en armes reluisante lors des campagnes italiennes ou à la bataille de Marignan avec l’arrière-garde.

Cependant, c’est dans la finance qu’il excelle. En effet, il ne cesse de faire grandir sa noblesse en faisant l’acquisition de nombreuses terres et fiefs. Il fait fructifier les biens acquis de son père dans l’Auvergne natale. Il vise surtout à posséder du foncier en Touraine, siège du Pouvoir Royal, et de posséder tout comme Jacques Cœur une maison de ville et un domaine à la campagne.

Tours est le « siège » de sa maison de ville : il acquiert petit à petit le terrain nécessaire à la grande demeure qui sera la sienne, le luxe et le raffinement y seront tels qu’il y accueillera l’Archiduc d’Autriche Philippe le Beau, le 15 décembre 1501. Il y fait ajouter plus tardivement une chapelle où le couple reposera après son décès, il ne reste rien de cet ensemble. 

Bien que Maire de Tours, il sera peu présent aux conseils municipaux, étant déjà accaparé par bien d’autres offices. Malgré tout, le statut de Maire lui donne un prestige important au moment où la Touraine est le centre du pouvoir Royal.

L’on connait également une autre demeure attribuée au couple : le Manoir Thomas Bohier situé à Saint-Martin-le-Beau.

Le plus fameux legs de Thomas Bohier et de Catherine Briçonnet est sans doute le domaine de Chenonceau. Le Seigneur de Chenonceau, Pierre Marques, se trouve lourdement endetté du fait de trop nombreux achats fonciers, Thomas Bohier saute sur la proie. Il parvient à faire acheter ses emprunts par Jacques de Beaune, le futur Baron de Semblançay, et fait exiger la somme. Le propriétaire n’étant pas en mesure de rembourser ses dettes, il abandonne la seigneurie de Chenonceau contre la mort de la dette et une somme d’argent avantageuse. Il rendra hommage, le 27 janvier 1515, au Roi François Ier après que son récent fief fut élevé en seigneurie. Thomas Bohier part souvent à la guerre en suivant les Rois et c’est finalement Catherine Briçonnet qui va organiser les transformations de Chenonceau. Elle conserve la Tour des Marques mais fait démolir le reste afin de pouvoir bâtir un nouveau Château à proximité du Cher. Le couple obtient en 1517 le droit de jeter un pont sur le Cher, pour les futurs agrandissements.

Thomas Bohier suit les Rois dans leurs idées d’Italie et fera des allers-retours incessants entre la France et les possessions françaises en Italie, il sera élevé lieutenant-général du Roi et trésorier des guerres en Italie.

Le 24 mars 1523, il trouve la mort en Italie. Son corps sera enseveli dans la chapelle de la demeure du couple à Tours. Son épouse le rejoindra dans la mort quelques années plus tard.

Toujours est-il que ce couple aura laisser une empreinte dans l’Histoire de France aussi bien au niveau politique que patrimonial, c’est là une des brillante histoire de réussites sociales et politique de la Touraine à l’heure où le centre politique y figure.

 

Chronique écrite par Pépite 1991

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En bref :

Thomas Bohier est au service de Louis XI et François Ier. Le plus fameux legs de Thomas Bohier et de Catherine Briçonnet est sans doute le domaine de Chenonceau.

Nom : Thomas Bohier

Naissance : 1460
Mort : 24 Mars 1524

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