Jules Desbois

Jules Desbois, le sculpteur oublié

Jules Desbois aimait les voyages. Fils unique d’aubergistes installés à Parçay-les-Pins, près de Saumur, Jules Desbois, fait un court passage dans un atelier tourangeau avant d’intégrer celui du sculpteur Henri Bouriché à Angers. Puis, parti à Paris où il rencontre Auguste Rodin, il tente sa chance aux États-Unis pendant trois ans. De retour en France, il retrouve Rodin et Camille Claudel ; cette collaboration va jouer un rôle essentiel dans son évolution artistique. 

Les trois artistes s’inspirent et s’influencent mutuellement ; en témoigne leur technique du « non finito» qui consiste à laisser le contour de l’oeuvre en pierre brute, non taillée. Jules Desbois se libère des carcans de sa formation classique pour développer sa propre esthétique. Il est alors considéré comme l’un des meilleurs sculpteurs de son siècle. Il reçoit de nombreuses commandes lui permettant de vivre de son art, et lui donnant la possibilité de produire une oeuvre plus personnelle. Il utilise la pierre, le marbre, le bronze, le bois, le plâtre et l’étain. Il puise son inspiration dans les mythes antiques, les figures allégoriques, mais aussi dans des sujets contemporains (les guerres de 1870 et de 1914-1918, par exemple).

Tout comme Rodin et Claudel, Desbois s’intéresse à la condition humaine, au passage du temps. Il réalise des œuvres en lien avec la représentation de la mort, de la misère et de la vieillesse, pleines de réalisme et d’humanité. Son oeuvre La Misère doit être appréciée dans sa relation avec L’Hiver de Rodin et Clotho de Claudel (ces trois oeuvres sont d’ailleurs exposées ensembles au musée d’Orsay). Les trois artistes ont utilisé le même modèle, une Italienne, Maria Caira. 

En 1930, âgé et malade, Jules Desbois cesse de sculpter pour se consacrer au pastel. Il meurt en 1935. Sa collaboration avec Rodin ayant occulté son travail, il est vite oublié. En 1979 est créée l’association des amis de Jules Desbois qui se met en quête de ses oeuvres afin de réhabiliter l’artiste. En 2001, le musée Jules Desbois ouvre à Parçay-les-Pins, dans le Maine-et-Loire.

 

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En bref :

Jules Desbois aimait les voyages. Fils unique d’aubergistes installés à Parçay-les-Pins, près de Saumur, Jules Desbois, fait un court passage dans un atelier tourangeau avant d’intégrer celui du sculpteur Henri Bouriché à Angers.

Nom : Jules Desbois

Naissance : 20 décembre 1851
Mort : 2 octobre 1935