Histoire du Château de Meung-sur-Loire : des origines à nos jours

Le Val de Loire offre au monde une terre luxuriante où ont poussés nombre de Châteaux. Pour l’œil aguerrit, la vue de ses merveilleux châteaux représente une irremplaçable fenêtre ouverte sur l’Histoire des hommes et des territoires de l’ère médiévale jusqu’à l’époque moderne.

Le Château de Meung-sur-Loire est en tous points dans cette optique, laissant dans son évolution des traces du passé.

 

Les origines du Château de Meung-sur-Loire

Pour retrouver les traces du passé, remontons au VIème siècle. En France, le début du VIème siècle est marqué par le récent baptême de Clovis (le 25 décembre 498) et de son expansion de son Royaume des Francs. A cette époque, un homme du nom de Liphard arrive sur les bords de Loire et crée un ermitage. Il faut attendre le IXème siècle pour que l’ermitage se transforme en monastère et qu’une église soit dédiée à Saint Liphard.

Au Xème siècle, le chapitre de chanoines de Meung-sur-Loire est sous la supervision de l’Évêque d’Orléans, Odolric.

Le seigneur Léon II de Meung entre en rébellion contre le Roi Philippe. Les fortifications ne suffisent pas à défendre le seigneur puisque la cité est envahie par les troupes royales qui finirent par mettre le feu à l’église où se furent réfugiés les malheureux habitants de Meung-sur-Loire. L’église sera rapidement reconstruite et consacrée par les Évêques de Tours, de Paris et d’Orléans et accueillera les reliques de Saint Liphard.

La seigneurie rebelle doit être repise en main et c’est à cet effet que l’Évêque d’Orléans y nomme un membre d’une famille influente : Manassès de Garlande. L’homme sait qu’après avoir reconquit la seigneurie il doit s’y imposer. Ainsi, il fait bâtir le clocher de l’église puis une tour résidentielle qui porte aujourd’hui son nom.

 

Photo Tout de Manassès de Garlande

 

Cette tour est accolée à l’église comme pour faire comprendre que son autorité provient de l’Évêque. La résidence est assez typique du XIIème siècle, de style roman, elle comporte un sous-sol, à vocation de stockage, un premier étage, comprenant une salle d’apparat où l’Évêque de passage peut rendre la justice ou recevoir des hôtes de marques, ainsi qu’un deuxième étage, occupée par la chambre de l’Évêque et la chambre de Manassès. Le château haut ayant été construit, la tour prendra le rôle de prison dès le XIVème siècle et accueillera notamment François Villon.

 

Le Château haut

Le temps passe et déjà les besoins en termes d’habitats évoluent. En 1207, Manassès de Seignelay devient Évêque d’Orléans. Le Roi de France jouit du droit de gîte lors de son passage. Ainsi, le Roi doit être accueillit dans des appartements dignes de son rang mais surtout le seigneur des lieux doit prendre à sa charge le droit de régale, à savoir que le Roi bénéficie des revenus de l’Évêché en l’absence d’Évêque. La contestation de ses droits est grande et les ecclésiastiques couvrent leurs domaines de défense, il faudra l’intervention du Pape pour régler les différends avec le Roi et avec leurs propres vassaux.

Parallèlement, Manassès de Seignelay juge la tour comme étant impropre aux besoins de l’époque pour un palais épiscopal ajoutons à cela les travaux de l’église mitoyenne.

Fort de ce constat, un nouveau palais est édifié : long de 50 mètres et large de 12, est un vaisseau de pierre bâti dans un style purement défensif d’où l’aspect très médiéval ne faisant pas penser à un palais épiscopal. A notre époque l’on peut contempler la partie médiévale de la façade qui correspond en partie à ce premier Château. L’on sait que ce palais contenait, notamment, une grande salle rectangulaire de 16 mètres de long sur 9 de large et qu’elle se situait à l’emplacement de la cour du palais. Les tours et leurs aspect brutal étaient appuyées tout comme le château au rempart extérieur. Somme toute, ce palais ressemble bien à un édifice du XIIIème siècle. Le visiteur retrouve cet aspect médiéval en visitant les souterrains du château, surtout l’ancestral cellier.

 

Photo de la façade médiévale

 

L’ensemble est sans doute le plus fort et le plus défensif des Châteaux des Évêques d’Orléans et dans le cadre de la Guerre de Cent ans et de ses futurs ravages, il prend tout son sens. L’on sait également que le palais est devenu un passage assez prisé des Rois visitant le Val de Loire où Poitiers, passage en partie lié au pèlerinage dédié à la Vierge de Cléry, découverte en 1280.

La Guerre de Cent laisse le Château de Meung-sur-Loire tout comme d’autres en très mauvais état.

 

Le Château de Meung-sur-Loire à la Renaissance

La reconstruction apparaît et donne l’installation d’un couvent des Cordeliers vers 1455. Le Roi Louis XI passe le printemps, l’été et l’automne de l’année 1466 dans l’Orléannais on peut donc penser qu’il fut souventes fois de passage à Meung-sur-Loire proche de Notre-Dame de Cléry. Les voyages se font sans doute rare en 1467 où le Roi séjourne plus aisément à Plessis-Lès-Tours.

A la même époque, le Château de Meung-sur-Loire évolue avec un réaménagement de la partie résidentielle, la construction d’un nouvel escalier mais également pour en augmenter les capacités de logement. Il nous faut signaler la voûte en bois entremêlée de plâtre du grand escalier à vis qui est d’une légèreté et d’une beauté incomparable pour le palais. Quelques décennies plus tard, l’on construit le corps de logis sud-est.

 

Le Château de Meung-sur-Loire du XVIIIème siècle à nos jours

Au XVIIIème, l’on va profondément modifier le Château. Tout d’abord, les hauteurs liées à des éléments défensifs ou autres sur le haut des tours seront détruits afin de donner une uniformatisation de style des restes médiévaux, l’on va également ouvrir de plus grande fenêtre sur cette partie, l’aspect défensif n’étant plus nécessaire au XVIIIème siècle.

L’essentiel des modifications se trouvent sur la façade sud donnant sur le parc. L’on va supprimés bons nombres d’éléments rappelant l’aspect défensif du château et tenter de transformer la façade en une façade classique, à la mode de l’époque. Pour ce faire, une certaine symétrie doit s’installer : en conservant les deux grandes tours l’on va unifier le corps central et les deux corps attenants.

 

Photo façade sud

 

Alors que de grandes fenêtres vont être percés çà et là pour faire entrer le soleil, on veille à ce que les niveaux soient bien réguliers et visibles de l’extérieur. Ainsi, c’est un véritable décor classique que l’on monte au sein du château pour lui donner son apparence que l’on peut toujours actuellement contempler. De fait, la disposition des pièces d’un château de style n’est pas celui que l’on retrouve à Meung-sur-Loire étant donné que l’existant est conservé. Comme on peut le retrouver dans le grand vestibule qui sert d’entrée à la visite.

Joyau du domaine, un parc à la française est aménagé, à l’époque une demeure sans un jardin digne de ce nom n’est pas acceptable, il a malheureusement disparu.

 

Photo jardin sud

 

Il faut attendre 1779 pour l’idée de la chapelle existât. Elle est lié à l’Évêque qui, qui prit d’un accès de goutte, promet de construire une chapelle.

Avant la Révolution fut également bâti, le belvédère dans le parc. Si il fut élégant il est aujourd’hui dans un état inoccupé.

La Révolution fait son œuvre et le domaine est vendu. Le mobilier est dès lors vendu et largement dispersé et le nouveau propriétaire laisse la disposition antérieure intérieure. Évolution notable, le déplacement de la bibliothèque du troisième étage vers le premier à l’emplacement qu’on lui connait toujours.

Le temps faisant, les besoins changent et les pièces évoluent notamment au fur et à mesure des modes mais également avec l’arrivée de la plomberie, de l’électricité et c’est dans cet esprit que fut réaménagée la cuisine. 

Si le Château de Meung-sur-Loire existe toujours, c’est à la faveur des propriétaires privés qui se sont succédés et qui ont sans doute mis leurs cœurs au service de ce beau domaine qui est aujourd’hui rendu aux visiteurs.

Xavier Lelevé, actuel propriétaire du Château de Meung-sur-Loire oeuvre d'ailleurs à la restauration de ce monument avec par exemple la grande restauration du pavillon du XVIIIe siècle qui a retrouvé son lustre d'antan ; plus de 26 000 ardoisses et 40m3 de pierre ont été remplacés.

Travaux de restauration du Château de Meung-sur-Loire

 

Chronique écrite par Pépite 1991

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